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Robert Nazaire Ecrivain 
“Enseignant martiniquais depuis 1980, je me suis toujours intéressé à la langue régionale créole. J’ai mené ma première expérimentation de LCR à l’école de Rivière-Roche dans la commune du Macouba de 1985 à 1988 au CM1-CM2. J’ai suivi aussi le premier enseignement de LCR au collège Akaer de Basse-Pointe où j’ai aidé des collègues à structurer cet enseignement et à élaborer des outils d’évaluation en lecture créole. Riche de ces expérimentations, et dans le cadre d’un partenariat avec le groupe de recherche CRESH Caraïbe, dont LF PRUDENT était le directeur, j’ai mené au lycée privé AMEP en 1989-1990 un enseignement de LCR en 1ère dont l’objectif était d’amener les élèves à découvrir les civilisation créoles, la littérature d’expression créole, mais aussi à parler et étudier le créole martiniquais. Devenu CPD LCR en 1992, j’ai mis en œuvre avec mes collègues CPD En Education musicale et arts plastiques de nombreux projets départementaux dont l’entrée était la culture : Musiques et traditions, Musiques et cultures caribéennes,  Jouets antan lontan, Environnement marin et arts plastiques, A la découverte du patrimoine architectural. Il s’agissait aussi de mettre en place des formations couplées à ces projets et d’accompagner les enseignants dans leur démarche de découverte de la langue et de la culture créoles. Ces projets ont donné lieu à des manifestations culturelles en fin d’année. En outre, j’ai aussi accompagné des collègues qui ont mis en place des projets d’enseignement de LCR créoles à l’école mais aussi des projets pédagogiques à caractères culturels. Formateur créole à l’IUFM des Antilles et de la Guyane, centre Martinique dès 1998, j’ai été chargé des formations créoles des PE1 puis des PE2. En 2002-03, j’ai coordonné la première formation du CAPES créole. Depuis j’ai un ¾ temps à l’IUFM de la Martinique où j’assure toutes les formations créoles PE, PLC, et ¼ temps dans les écoles sur le terrain. Je fais parti aussi du groupe de recherche de l’IUFM de la Martinique le GREDILC (Groupe de recherche sur la didactique des langues dans la Caraïbe) “
Extrait
Le problème de la norme Aucune instance normative n’a véritablement légiféré sur l’adoption d’un  ou plusieurs systèmes d’écriture des créoles, car, le premier problème des systèmes graphiques utilisés  dans les Outremers est précisément la non prise en charge par l’état, la région ou toute autre autorité politique. Tout se joue dans le non dit, le presque dit, le semi officiel : même lorsque les  régions produisent des textes officiels en créole en Guadeloupe comme en Martinique, elles entérinent sournoisement et à bas bruit la graphie en ignorant le problème de son officialisation, [...] et personne n’a entériné une NORME authentique qu’elle a consignée dans un quelconque « papier officiel ». Une des illustrations flagrantes de mon propos est celle du Capes créoles mis en œuvre par le ministère de l’éducation nationale dès 2002 et le CRPE spécial langue régionale. Ces deux concours, l’un national et l’autre départemental  n’entérinent pas davantage une graphie puisque les candidats ne sont pas notés sur le respect des règles du système graphique qu’ils utilisent mais sur le contenu de ce qu’ils ont écrit. Donc, si l’Etat ne dit rien pour un concours départemental voire national, personne n’est détenteur de la LOI ! Personne n’est détenteur de la NORME ! Personne n’a le dernier mot ! En conséquence de quoi, la non officialisation d’un système graphique ne serait-ce que pour l’enseignement scolaire du créole relève bien d’une non officialisation culturelle, politique et législative !