© conçu par Laurent Naze (NazeGrames) .2016
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Né à la Guadeloupe, Il est l’auteur entre autres de trois romans : L’Isolé soleil (1981), Soufrières (1987), et L’Île et une nuit(1996), publiés aux Éditions du Seuil,  d’un récit autobiographique: Tu, c’est l’enfance, (Éd.Gallimard, 2004. Grand prix Maurice Genevoix de l’Académie Française), d’un essai : Les fruits du cyclone, une géopolitique de la Caraïbe  (Éd.du Seuil.2007), ainsi qu’un recueil de poèmes : L’Invention des Désirades, (Seuil. collection Points-poésie, 2009)     “L’écriture   poétique   est   à   l’origine   de   toute   ma   création   littéraire,   y compris   dans   les   romans,   par   le   souci   de   privilégier   la   musique   et   les rythmes   qui   dans   notre   Caraïbe,   associent   les   mots   du   poème   à   la danse   et   au   chant.   La   poésie   comme   parole   due,   architecture   de racines   et   de   feuilles   envolées,   jusqu’à   la   chute   solaire   du   fruit   de création.
 Mon   identité   culturelle   n'est   pas   légitimée   par   un   terroir   ancestral, une   pureté   originelle,   ni   par   une   langue   ou   une   culture   dominantes, mais   par   le   fait   d'assumer   les   dépossessions   originelles   et   le   partage des   altérités   réunies,   quelles   qu'en   soient   les   contraintes   imposées ou   choisies.   
L'identité   ce   ne   sont   pas   les   racines   qui   l'expriment,   car l'identité    c'est    un    fruit.    Je    m'attache    à    dépeindre    la    genèse    des nouveaux   mondes,   sans   ici   ni   là-bas,   avec   l’exil   et   le   naufrage   au départ   des   sentiers.   Quatre   continents   pour   édifier   une   Caraïbe   : fagot   d’échardes   et   de   rayons   enflammé   d’un   espoir   nouveau.   Un métissage   d’humanités,   offrant   fraternellement   au   monde   toutes   ses re-créations,   échappées   aux   frontières   des   couleurs,   des   papiers   et des langues”
Daniel Maximin Poète, romancier, essayiste
Tu deviens un fruit assez mûr pour accueillir. Prends possession de ta découverte et accepte, accepte tout ton être avec ses noyaux (surtout ses noyaux : ce sont les cailloux de ton chemin), sa chair, sa peau, sa couleur, sa parole. Adhère, oui, à tes racines de fidélité, tes feuilles de liberté, tes fleurs d'imagination. Surtout n'oublie pas dans l'eau les reflets de l'enfance. Préserve à tout âge d'abord la vertu d'enfance, celle qui fait les renaissances adultes, qui empêche de feindre le rire et les larmes, mais qui laisse rire et pleurer, qui fait de l'amour un jeu d'enfants, un épisode à suivre, une danse sous-marine, un déluge de secrets, une embellie de confidences.
 Accepte, accepte tout ce que tu peux de ton trésor. Ensuite, donne-le. Plus tu donnes, plus tu es. Prends exemple sur l'eau, et donne en pointillé comme la pluie, en pudeur comme la source, en vrac comme la mer. Il y a mille manières d'avancer souterraine ou de déferler, de pleuvoir sucré-salé, de pleurer joies et peines, de saigner, d'uriner, de couler tiède de sperme, de sueur, de salive ou de lait. Calcule tes forces et fais confiance à ta fragilité.
 Chaque vague touche au destin d'une autre… L’Isolé soleil, roman, Editions du Seuil
Extrait