© conçu par Laurent Naze (NazeGrames) .2016
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Née en 1955 à Saint-Pierre de La Réunion, elle est à la fois anthropologue, écrivain jeunesse, conteuse et journaliste et membre de la société des écrivains de la langue française (ADELF). Inspirée par son île d’origine, elle publie depuis 1989 des recueils de contes, devenus des classiques (réédités en 2013 et 2014 par les éditions Orphie), des albums jeunesse, un roman biographique sur son enfance dans les Hauts. Son album Ma boite à bonheur (Éd. Océan, 2007) reçoit le Premier Prix insulaire de littérature jeunesse à Ouessant en 2008 et son recueil Contes de la Réunion (Éd. Reflets d’ailleurs, 2012) fait partie de la sélection du prix des petites tartines en 2013. Ecrivain voyageur, elle navigue dans les différents genres littéraires, et puise dans ses rencontres pour nourrir ses œuvres. En 2013, son récit de voyage, Des îles à l’horizon (Éd. Orphie, 2009) est sélectionné pour le Prix René Caillé et  son album Comment le désert a disparu ((Éd. Reflets d’ailleurs, 2011) obtient la distinction « white raven » à la Foire internationale du livre de jeunesse de Bologne.  http://femmesaudeladesmers.com/isabelle-hoarau-joly/
Isabelle Hoarau Auteure, anthropologue, conteuse
Extrait
Foulant les longues herbes de leur pas lent, ils fuyaient vers les montagnes. Là-haut dans les écarts, ces hommes qui avaient souffert du fouet et des coups, qui avaient eu leur vie brisée par la servitude, pourraient enfin se retrouver. Ils étaient trois, un homme dans la force de l’âge, une femme enceinte et un autre, plus âgé, qui les guidait à travers les méandres d’une végétation touffue où les sentiers se perdaient. Peu à peu, les fuyards s’éloignaient des plantations, les hurlements des chiens de garde se faisaient rares. Parfois, une chauve-souris passait, proche, pourchassant des insectes. Les miaulements du petit pétrel, ressemblant au cri d’un enfant, les faisaient frissonner. La forêt peu à peu, se faisait plus dense, sous la lune lumineuse qui éclairait leur fuite éperdue. La femme, haletante, avait parfois du mal à avancer. Son compagnon l’aidait dans les endroits escarpés. Ils longeaient les sentiers à peine tracés à flanc de ravines ou de falaises où mugissaient des torrents dans l’obscurité. Ils cheminèrent ainsi de longues heures, ne prenant qu’un repos rapide quand ils étaient trop épuisés, pressés de s’éloigner le plus possible afin d’égarer leurs poursuivants...
Le dernier marron, recueil de nouvelles de l’Océan Indien, Collection Archipel, Editions Reflets d’ailleurs.